De l’empire ottoman au 19ième siècle à la Turquie moderne

Nous tenons d’abord à rappeler que les relations diplomatiques entre la France et l’empire ottoman sont très anciennes.

Le 4 février 1536, François 1er et Soliman le Magnifique signent le traité des capitulations : les navires sous pavillon français ont un privilège de commerce avec toutes les côtes de l’empire ottoman. Au  roi de France est confiée la protection des lieux saints de la chrétienté et des chrétiens de l’empire.

 

Dès le début du dix-neuvième siècle, divers territoires européens, africains et du Moyen Orient se séparent de l’empire ottoman, très souvent à la suite d’insurrections ou de guerre.

En 1850,  l’empire ottoman s’étendait encore sur une large partie de l’Est de l’Europe.

C’est d’abord l’Egypte à la suite de la campagne de Bonaparte (1798-1801). Dès 1805, une quasi-indépendance  est proclamée sous la direction de gouverneurs. Le premier est Mehémet Ali (1869-1949) de Kavala en Macédoine. Les Anglais occupent le pays en 1882. L’indépendance n’est proclamée qu’en 1922.

C’est ensuite la Grèce, à partir de 1821, et notamment la Crête  perdue par l’Empire ottoman  en 1897. (voir article ultérieur sur la Grèce).

Nous ne nous intéresserons maintenant qu’aux territoires européens en les traitant par ordre alphabétique.

L’Albanie acquiert  son autonomie en 1913 ; après une  indépendance  très provisoire sous le règne éphémère du prince de Wied (timbre non émis), elle est occupée par les austro-hongrois et ne recouvre son indépendance sous forme d’une république qu’en 1922 et la transformation en Royaume en 1928.

En 1878, la Bosnie-Herzégovine est occupée par les austro-hongrois (voir article sur l’Autriche-Hongrie).

La Bulgarie a fait partie de l’empire ottoman jusqu’en 1878. C’est le traité de Berlin qui crée la principauté de Bulgarie (du Nord) en 1878 ; celle-ci utilise des timbres à partir de 1879. En 1885, la Roumélie a proclamé son union avec la principauté sous le nom de Bulgarie du Sud.

Un royaume est proclamé en 1887 et l’indépendance vis-à-vis de la Turquie en 1901. En 1966, pour le 90 ième anniversaire du soulévement contre les turcs, une série de timbres a été émise.

La Bulgarie a participé à la guerre balkanique en 1912-1913 et a surchargé ses timbres pour fêter sa victoire contre les turcs.

Pendant la guerre 1914-1918, elle occupe une partie de la Macédoine.

Roumanie

En 1828, les Russes ont occupé la Valachie et la Moldavie et le traité d’Andrinople en  1829 leur a permis de rester jusqu’en 1835. Des seigneurs locaux ont assuré un pouvoir dans le cadre d’une constitution connue sous le nom de Règlement Organique. En 1848 eut lieu une révolution, mais les armées turco-russes reprirent le dessus en 1849. Ce n’est que le traité de Paris en 1856 qui brisa le protectorat russe et  la convention de Paris de 1858 qui enleva tout pouvoir aux turcs. Un seul prince (Alexandre Couza)  fut élu  en 1859 pour diriger les deux principautés (courrier avec timbre de Moldavie si-dessous).

La Roumanie a été créée par l’union des principautés de Valachie et de Moldavie en 1861. Ce prince abdiqua en 1867 au profit de Charles de Hohenzollern-Sigmaringen. Dans une guerre turco-russo-roumaine en 1877, la principauté perdit au profit dela Russie la Bessarabie. La principauté devint Royaume en 1881. Elle récupéra la Bessarabie après la première guerre mondiale.

En 1829, La Turquie a reconnu un prince héréditaire pour  la Serbie qui obtient son indépendance en 1878 au congrès de Berlin . Les premiers timbres sont émis en 1866 pour la principauté, puis en 1881 pour le royaume avec l’effigie de Milan (Obrenovitch) , puis Alexandre 1er, détrôné en 1903 (timbre surchargé) par Pierre 1er (Karageorgevich).

En 1954, la Yougoslavie a fêté le 150 ième anniversaire de sa première insurrection contre les turcs.

Thessalie

Lors de la guerre gréco-turque de 1898, les troupes turques ont occupé cette province et des timbres ont été émis

Thrace

En 1913, cette province a connu une insurrection qui a pris le pouvoir et émis des timbres avec la légende  « administration hellénique de Gomuldjina, puis gouvernement provisoire de la Thrace Occidentale”. Une occupation par les armées alliées s’est faite en 1919-1920, poursuivie par l’armée grecque.  La partie occidentale fait aujourd’hui partie de la Grèce,  la partie orientale de la Turquie et la Thrace du Nord à la Bulgarie. Tous ces épisodes ont été marquéspar des émissions de timbres spécifiques.

En1912, à l’issue de la guerre italo-turque,  l’Empire ottoman perd, la  Tripolitaine et la Cyrénaïque ainsi que Rhodes.

Les timbres de l’empire ottoman

Le premier timbre ottoman est émis en 1858 (uniquement destiné à l’amirauté : cote 4500 € et 17500 € sur lettre).

Des lettres et entiers postaux illustrent les premiers courriers.

Pour lutter contre la concurrence des bureaux étrangers (voir article sur bureaux autrichiens du Levant), la poste turque vend ses timbres en quantités aux négociants avec une ristourne (telle qu’indiquée à partir de 1906 par l’initiale B  du mot Béhié escompte ou avec une étoile rouge en surcharge  en 1914.

 

En 1907, une série de timbres marque la promulgation d’une première constitution, suivie d’une seconde en 1916.

En 1913, la défaite de la Première guerre balkanique amène les Jeunes-Turcs (Parti Union et Progrès) au pouvoir.La Grèce s’agrandit de territoires de Thrace et d’Epire, ainsi que des îles de Lemnos et Mytilène. La Bulgarie s’agrandit sur la Roumélie. La Roumanie annexe des territoires. Un 1913, trois  timbres fêtent la reprise d’Andrinople (Edirne) en Thrace.

L’abolition des capitulations est réclamée en 1914.

En 1916, des timbres sont surchargés pour marquer l’occupation du Sinaï.

En 1921, une série vante l’Unité de la nation.

Les premiers timbres  de la République proclamée le 29 octobre 1923 représentent le parlement d’Ankara devenue capitale de la Turquie.

Avant l’avénement de la République, dès juin 1919, le mouvement nationaliste, mené par Mustafa Kemal, avait défini dans la déclaration d’Amasya, les raisons pour lesquelles le gouvernement impérial ottoman, considéré comme illégitime, devait être remplacé pour que les intérêts nationaux des Turcs soient défendus. Il obtint un soutien important de la population et de l’armée. Lors du congrès de Sivas, un gouvernement provisoire fut élu. Définies par le traité de paix de Sèvres, signé le 10 août 1920 par le gouvernement impérial, les frontières de l’Empire Ottoman sont dénoncées par le nouveau gouvernement provisoire du mouvement nationaliste.

Le gouvernement provisoire conduit par Mustafa Kemal (appelé ensuite Ataturk, père des turcs)  récupéra alors, à l’issue d’une guerre gréco-turque, une partie des territoires cédés par le traité de Sèvres.

Divers timbres célèbrent les victoires (ci-dessous : Dumlupinar) et l’entrée d’Ataturk à Ankara et Smyrne (Izmir).

D’importants échanges de populations se produisent alors : 1 200 000 grecs quittent la Turquie et 500 000 turcs la Grèce.

A partir de novembre 1928, la langue turque va s’écrire en alphabet latin et plus en arabe .

Atatürk meurt le 21 novembre 1938 au palais de Dolmabaçe à Istanbul.

Enfin en 1939, la Turquie récupère la région d’Alexandrette (Hatay),  annexée depuis à la Turquie.

    

Bibliographie

Pour plus d’informations sur la Turquie, voir l’ouvrage « La Turquie » publié par Fayard/CERI en septembre 2005, sous la direction de Semih Vaner, ISBN  2-213- 62369-4

Les cartes proviennent de Stuart Rossiter et John Flower «  Wordl History Stamp Atlas , 1989, Mac Donald and Co Publishers ISBN  0  7481 039 0 : http://philatelie.claci.info/atlas/pays/turquie.php

Description exhaustive de divers timbres, courriers et divers : Sonderkatalog Osmanisches Reich, 9. Schlegel  Auktion 07 bis 10 September 2011 : http://www.philasearch.com/de/ha_9097/Schlegel.html

Reproduction des premiers timbres roumains, exposition EFIRO : http://philateliedz.forumactif.com/t639-exposition-philatelique-internationale-efir

Les premiers timbresà Constantinople : http://www.ozocaz.fr/Postes-locales/Articles/constantinople.html

3 pensées sur “De l’empire ottoman au 19ième siècle à la Turquie moderne

    • 31/01/2012 à 08:39
      Permalink

      I am very pleased you were able to read this information. I hope you are a position to read French.

      Répondre
  • 16/12/2014 à 19:20
    Permalink

    Document succint mais qui apparait historiquement correct. Tout pour plaire au philateliste de l’empire ottoman que je suis.

    Un gros merci

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