Maurice (Isle de France), petite histoire

Petite Histoire de l’Ile Maurice (Isle de France)

Sous le nom d’Isle de France, l’Ile Maurice a été française de 1715 à 1810. Située dans le sud-ouest de l’océan Indien, l’île principale fait 1865 km2 ;  au cœur de l’archipel des Mascareignes, elle se situe  entre la Réunion à l’ouest, et l’île Rodrigues à l’est  (109 km2) qui est partie intégrante de la république de Maurice et possède une assemblée  territoriale ainsi qu’illustré sur ce timbre mauricien émis en  2004.

Les îles Agalega  (deux îlots),  à 1070 km au nord de l’île principale, et de l’archipel de Saint Brandon (une trentaine d’îlots, important sanctuaire d’oiseaux et de tortues de mer), à 290 km au nord, nord-est de l’île Maurice en font aussi partie. La population s’élève à environ 1,2 million d’habitants et comporte plusieurs communautés : blanche, indienne, chinoise et métis.

Découverte par les Portugais, l’île demeura inhabitée jusqu’à l’arrivée des premiers colons hollandais, en 1598 et demeura   hollandaise de 1598 à 1710.

Le timbre mauricien ci-dessous célèbre le quatrième centenaire de cette installation hollandaise.

Le nom de Maurice vient de Maurice de Nassau.


Les hollandais fondèrent le fort  Frederik Hendrik.

Ce sont les hollandais qui introduisirent en 1640 la culture de la canne à sucre ainsi que célébré sur ce timbre émis en 1990.

Les Français la colonisèrent de 1715 à 1810, date où les anglais l’occupèrent par la force. C’est Guillaume d’Arsel qui en prit possession en 1715.

Les pirates ont sévi : ici illustrés sur ce timbre montrant l’ entrée  d’un navire dans la rivière Tamarind.

Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais, gouverneur efficace, fut nommé par la Compagnie des Indes orientales; il dirigea la colonie de 1735 à 1746. Il fut timbrifié à plusieurs reprises :

  • pour le bicentenaire de sa naissance en 1899,

  • sur des timbres de série courante.

En 1736, il  fonda la ville de Port-Louis, capitale de l’île.

Pierre Félix Barthélemy David (1711-1795), gouverneur  du Sénégal, puis des îles de France et Bourbon, fit construire le château du Réduit.

Pierre Poivre (1719-1786), intendant général et botaniste, fut à l’origine de l’introduction de la culture des épices sur l’île, notamment muscadier et giroflier, qu’il a introduits clandestinement en 1753. Sur le timbre mauricien, il est représenté avec l’arbre à noix muscade «  nutmeg tree ».

Un autre naturaliste, Philibert Commerson (1727-1773 à l’île Maurice) a exploré faune et flore. Il a accompagné Bougainville dans son tour du monde. Actuellement, 42 genres décrits par Commerson sont valides et plus de 100 espèces végétales portent son nom.

Pierre André de Suffren a patrouillé dans  l’Océan Indien de 1781 à 1784. Suffren avait appareillé de Brest pour l’Île-de-France le 22 mars 1781 (actuellement l’île Maurice). Il fit escale en juillet 1781 à False Bay, près de la ville du Cap après une première confrontation avec la flotte anglaise à Porto Praya en avril 1781.

Arrivé à l’Île-de-France le 25 octobre 1781, Suffren se place alors sous les ordres du commandant de l’escadre, le comte Thomas d’Orves, auquel il joint ses forces. Le 7 décembre 1781, l’escadre appareille pour l’Inde.

Le 250 ième anniversaire du naufrage du Saint Géran a été célébré par un bloc émis en 1994 par la poste mauricienne. La notice en anglais accompagnant la lettre Premier jour indique :

 

Ce bateau de la compagnie (française) pour le commerce des Indes orientales, basée à  Lorient (et créée en 1664 par Colbert, NDT) a été lancé le 11 juillet 1736. Ce trois mâts de 600 tonnes armé de 24 canons naviguait sur la route commerciale entre la France et l’Extrême orient. De 1736 à 1743, il a effectué trois voyages en Inde en faisant escale à l’Isle de France à chaque fois.

 Le 24 mars 1744, le Saint Géran, servi par un équipage de 160 hommes sous le commandement du capitaine de Lamarre quitta Lorient avec 15 passagers pour l’Isle de France et l’Isle Bourbon. Son chargement comportait un équipement pour un moulin à sucre de l’Isle de France construit par Mahé de la Bourdonnais et des espèces pour le compte de la compagnie des Indes Orientales. Lors de son voyage de retour, il devait s’arrêter à l’isle Bourbon pour charger du café.

 En avril, le navire fit escale à Gorée au Sénégal où il débarque 31 passagers et quelques esclaves furent embarqués. Reprenant la mer, il passa au large du Cap de Bonne Espérance, au nord de Madagascar, à l’est de l’île Rodrigues et au sud ouest de l’Isle de France.. L’après-midi du 17 août 1744, il arriva sur la côte nord-est près de l’île d’Ambre. Le capitaine décida alors de jeter l’ancre pour la nuit afin d’éviter de naviguer la nuit.

 Lors de la nuit pourtant calme et éclairée par la lune, le navire pris dans de forts courants dériva vers le rivage et heurta des récifs. Tous les efforts furent vains pour libérer le navire. L’ordre d’évacuation fut déclenché à la cloche.

Seuls 9 survivants purent atteindre l’île d’Ambre et deux d’entre eux purent gagner la terre ferme pour chercher des secours.  Mahé de la Bourdonnais organisa immédiatement des secours, mais en vain car le navire avait sombré et les passagers et l’équipage avaient disparu.

 Bernardin de Saint Pierre immortalisa le navire Saint Géran dans son roman « Paul et Virginie » mais en changeant notablement les circonstances du naufrage (par une nuit d’hiver, lors d’une violente tempête)

Des scènes du roman Paul et Virginie (1786) qui s’appuie sur le naufrage du St Géran sont représentées sur timbres:

  • le sauvetage de Paul et Virginie,

  • Paul et Virginie traversant une rivière,

  • Visite de La Bourdonnais à Madame de la Tour,

  • Le naufrage sur ces deux timbres de série courante.

Sous la révolution, le comte de Maurès de Malartic (1730-1800) est nommé le 17 juin 1792 gouverneur général. Il maintiendra l’esclavage sur l’ïle.

 

Les environs de l’île ont connu les exploits de Surcouf. En 18 mois, Surcouf avait fait 15 prises pour un montant, dans son estimation la plus pessimiste, de 264 000 piastres, soit l’équivalent en monnaie française à 264 millions de livre  La Confiance est une frégate de 24 canons lancée en 1799. Parti le 10 mai 1800 de l’Ile-de-France, il ne lui faut pas plus d’un mois et demi pour faire une première prise : un trois-mâts américain l’Alknomack, jaugeant 350 tonneaux et nanti de 14 canons . Il n’y eut pas de bataille. Si les deux coups de semonce du corsaire laissèrent de marbre l’Alknomack, les trois coups de canons à boulet qui suivirent, plus explicites, incitèrent l’équipage à se rendre sans combat.

Fin septembre 1800 sera une période chargée : le 19 septembre, le Praise, un trois-mât de 800 tonneaux, est arraisonné. Le 22 septembre, c’est le tour d’un brick anglais dont on ignore le nom et le tonnage. Le 24 septembre, l’Harriet et ses 400 tonneaux connaît le même sort. Le 26 septembre, un brick danois croise le chemin de Surcouf et son équipage. Délesté de sa cargaison de riz, le Danois se voit confier les prisonniers anglais qui venaient d’être capturés. Enfin, le 30 septembre, le Tiger et ses 500 tonneaux achève pour ce mois la période de course.

Le 2 octobre, l’Union et ses 450 tonneaux tombent dans l’escarcelle de Surcouf. Le 4 octobre voit la prise de deux navires : la Charlotte de 400 tonneaux et la Rebecca de 450 tonneaux. Puis vient le 7 octobre, date à laquelle Surcouf rentre de son vivant dans la légende avec la prise du Kent. Navire anglais de type Indiaman, il appartient à la Compagnie anglaise des Indes orientales. Son tonnage est presque le triple de celui de la Confiance, soit 1200 tonneaux. Il aligne 38 canons de calibres divers face aux 24 canons de la Confiance, tous de calibre inférieur à ceux du Kent. Enfin, côté anglais, on compte 400 hommes tandis que les Français n’en ont que 160.

À l’aube du 7 octobre, les deux navires s’aperçoivent. Certain de sa supériorité, le capitaine anglais convia ses passagers au « spectacle », lequel durera moins de deux heures. Après une course-poursuite nautique où Surcouf se montra plus fin stratège que son adversaire, la Confiance put accoster le Kent, permettant ainsi son abordage. En dix minutes , après un combat acharné, l’affaire sera réglée. Il en résultera pour les Anglais, bien que trois fois supérieurs en nombre, une perte humaine quatre fois plus nombreuse que celle des Français, lesquels compteront dans leurs rangs entre 3 et 5 morts et de 6 à 13 blessés.

La Confiance  et le Kent, dont le commandement fut confié à son second, le capitaine Drieux, feront route vers l’île de France  où ils arriveront en date du 16 novembre 1800. La vente du navire ainsi que sa cargaison sera estimée à 100 000 piastres, soit 100 millions de livres. À la suite de quoi la Confiance sera désarmée puis chargée de marchandises, prenant la direction de la France et atteignant La Rochelle le 13 avril 1801.

Decaen fut capitaine général de 1803 à 1810.

La ville de Mahébourg  est fondée en 1806.

 

Le code Napoléon s’est appliqué sur l’île.

Les britanniques se sont d’abord emparés de l’ïle Rodrigues en 1809.

C’est en 1810 que l’île et ses dépendances deviennent anglaises ainsi que montré sur un timbre de série courante émis en 1978 .

Pour le bicentenaire de cette conquête  en 2010 deux timbres ont été émis.

Les explications données avec la lettre premier jour sont les suivantes (traduit de l’anglais) :

En dépit de la perte de quatre vaisseaux de guerre à la bataille de Grand Port en août 1810, les britanniques étaient déterminés à s’emparer de l’Isle de France pour mettre fin à la saisie  par les français de leurs bateaux de commerce venant des Indes.

Après la conquête des iles Rodrigues et Bonaparte (nom d’alors de la Réunion), respectivement en 1809 et 1810, les anglais renforcèrent le blocus de l’Isle de France en prévision d’une invasion imminente.

 La flotte britannique était placée sous les ordres du Vice-Amiral Albermarle Bertie ; 16000 hommes furent embarqués à  l’île Rodrigues sur 21 vaisseaux de guerre et 46 autres navires à  l’île Rodrigues, placés eux sous le commandement du général John Abercrombie.

Les britanniques savaient que des batteries côtières étaient présentes à l’ouest et au nord-ouest de l’île. Après avoir quitté leurs bateaux au large des récifs, à midi le 29 novembre 1810, ils décidèrent de débarquer, à marée basse, les troupes sur la côte nord à partir de bateaux à rame. Toutes les forces débarquèrent ainsi en sécurité entre Grande Baie et Poudre d’Or et gagnèrent l’intérieur sans rencontrer beaucoup de résistance. La première division des forces britanniques était sous le commandement du général John Keating.

 

Sous le commandement du général Michel Vandermaesen, les francais ne disposaient  que de 2200 hommes pour s’opposer aux forces d’invasion britanniques.

Après une escarmouche avec quelques soldats français dans la région de Montagne Longue et en d’autres endroits, les forces britanniques ont poursuivi leur marche vers Port-Louis.

Apprenant que d’autres forces britanniques étaient sur le point de débarquer et que leurs bateaux étaient déjà ancrés à Petite Rivière, Isidore Decaen, gouverneur et commandant en chef de l’Isle de France envoya ses hommes négocier la cessation des hostilités.

Les français  reconnurent leur défaite et l’Acte de Capitulation considéré comme plus   généreux, même par l’empereur Napoléon fut signé dans les premières heures du 3 décembre 1810 dans le campement des anglais à proximité du district de Pamplemousse.

 

L’Isle de France devint ainsi possession britannique et fut renommée Maurice.

La possession anglaise fut garantie en 1814 par le traité de Paris et ce jusqu’à l’indépendance en 1968. Des timbres spécifiques avec le drapeau et les armoiries ont été émis.

Le dodo, oiseau  emblème du pays a disparu depuis le 18 ième siècle. Cet animal a été représenté aussi bien sur timbres mauriciens de série courante,

que d’autres pays.

 

Il a aussi été choisi pour emblème dans les armoiries du pays et pour illustrer des événements.

 

L’abolition de l’esclavage a été illustrée par une série de 4 timbres émis pour le 150 e anniversaire en 1984.

L’Immigration indienne commencée en 1835 a été fêtée à plusieurs reprises sur timbre.

Charles Darwin, le père de l’évolution, a passé environ dix jours (à son retour) à l’Ile Maurice lors de son voyage autour du monde. Son navire, The Beagle, quitta l’Angleterre en décembre 1831 et, près de quatre ans plus tard, s’arrêta sur cette petite île avant de reprendre la route pour la Grande Bretagne.

Le 12 avril, les explorateurs quittent les îles Cocos pour l’île Maurice qu’ils atteignent le 29. Darwin est d’emblée charmé par l’harmonie du paysage. Au premier plan, la plaine des Pamplemousses est colorée d’immenses champs de canne à sucre vert brillant. A l’intérieur des terres, de beaux nuages blancs s’accrochent aux aiguilles de montagnes basaltiques boisées. Au centre, s’élève un plateau ovale formé de coulées de lave et bordé de cratères. Toutefois, Charles ne reconnaît pas à l’île Maurice un charme aussi grand que celui de Tahiti.

Il flâne aussi dans la grande ville de Port-Louis aux rues propres et régulières, à la tranquille population indienne, aux librairies bien garnies et qui possède même un joli théâtre. Même sous domination anglaise, le caractère français imprègne encore la culture de l’île de France comme on la nommait auparavant. Bien que peu apprécié des résidents français, le gouvernement anglais semble toutefois avoir augmenté la prospérité du pays. Il est fait mention d’une exccursion à dos d’éléphant.

Le 9 mai sonne l’heure du départ. Le Beagle quitte Port-Louis et s’élance vers le cap de Bonne-Espérance, à la pointe méridionale de l’Afrique du Sud.

Les deux premiers  timbre mauriciens ( 1 p vermillon et 2 p  bleu indigo « post office »,  émis en 1847 sont extrèmement  rares ; nous les avons mentionné dans un article précédent sur les timbres rares.

Ils ont été imprimés à la demande de la femme du gouverneur pour être utilisés sur lettre d’invitation à un bal ainsi qu’illustré par un timbre mauricien de série courante.

 

En 1901, Gandhi fit aussi un bref séjour sur l’île. ce qui est illustré par ce timbre sur timbre émis en 2001.

Le timbre d’origine a été émis en 1969 pour le centenaire de sa naissance.

L’indépendance du pays fut proclamée en 1968 et une série de 6 timbres émises représentant le drapeau ou les armoiries.

 

La langue officielle de l’assemblée est l’anglais, mais les membres peuvent aussi s’exprimer en français. Les timbres portent rarement des légendes en français, sauf pour mentionner un sommet de la francophonie (voir plus haut) ou l’Alliance française (série de 4 timbres émise en 1984 pour son centenaire),

ou la conférence des parlementaires de langue française (AIPLF).

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Bibliographie

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosdarwin/contenu/alternative/alter_etape12.html

 

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