Histoire du tir sportif

TIMBRES DU MONDE

 

HISTOIRE DU TIR SPORTIF

Par Michel Plouviez

LE TIR SPORTIF

Le tir est aussi vieux que l’humanité : l’homme a chassé pour se nourrir jusqu’ au XIXe siècle où la révolution industrielle a vidé les campagnes et apporté des revenus rendant la chasse alimentaire superflue, sans supprimer les armes militaires liées aux ambitions des Etats, lesquelles seront à la base d’un certain nombre de compétitions sportives dès le XIe siècle.

        

Mais la conception moderne du sport débute vraiment au XIXe, surtout dans les pays anglophones, avec la première société sportive d’importance : la national riffle association aux USA en 1871.

Le TIR fait sa première apparition JEUX OLYMPIQUES d’ Athènes en 1896 ; suivront les premiers championnats du monde à Paris en 1897 et la création d’une fédération internationale en 1907 à Zurich.

Après bien des péripéties, le jeux olympiques comprennent 17 épreuves, dont 10 pour les hommes et 7 pour les femmes.

Parallèlement, dans d’autres organisations internationales, bien d’autres disciplines sont pratiquées avec leurs propres épreuves nationales, européennes et mondiales.

La Fédération Internationale de Tir ( U.I.T. ) n’a connu depuis sa création que les interruptions dues aux deux guerres mondiales ; soit :

– entre 1915 et 1921

– entre 1941 et 1947

Cette fédération, reconnue désormais comme seule interlocutrice du mouvement olympique, s’appelle désormais l’ I.S.S.F. ( International Shooting Sport Fédération ) et comprend 157 Fédérations nationales.

L’ARBALETE

Connue en occident dès le IVe siècle, l’arbalète sera redécouverte par les français au Xe.

Ce qui leur valut les mécomptes des batailles de Crécy et d’Azincourt , en 1346 et 1415, bien qu’elle eut été interdite dans les combats entre chrétiens par le concile de Latran en 1139.

Son utilisation militaire cessa au XVIe siècle.

L’arbalète moderne comporte 2 disciplines

1) L’arbalète match à 10m qui tire 60 traits en salle, à 30m qui tire 30 traits en position genou, plus 30 debout, en extérieur.

2 ) L’arbalète field à 10m qui tire 40 flèches sur un blason de 25cm en salle – à 25m qui tire 60 flèches sur un blason de 60 ou 40cm en extérieur – à 65,50 et 35m qui tire 3×30 flèches sur un blason de 60cm en extérieur.

 

 

 

LES ARMES ANCIENNES

Les armes anciennes d’origine, ou leurs répliques, utilisent de la « poudre noire » utilisée en Chine depuis 2000 ans, recomposée au VIIe siècle par les arabes et proportionnée au XIIe siècle en Europe. C’est au XVIIè siècle qu’apparurent les platines à mèche et à silex, puis les platines à rouet.

Dans la discipline, encadrée par la Fédération, sont regroupées des armes d’origine et des répliques avec différents systèmes de mise à feu.

-Les pistolets à silex ou à percussion et les revolvers à percussion tirent 13 coups à 25m sur des cibles 50m ( 5 catégories)

-Les fusils à canon lisse ou rayé, civils ou militaires, à silex, à percussion ou à mèche tirent à 50m ou à 100m. ( 9 catégories)

-Il existe également une épreuve aux plateaux d’argile, tirée avec des fusils à percussion Menton ou Lorenzoni, d’origine ou réplique.

 

LE PISTOLET

C’est naturellement le type d’arme le plus répandu chez le tireur sportif : coût moindre, encombrement limité et sans équipement spécifique.

– Le premier pistolet ayant disputé un championnat du monde en 1900 fut le pistolet libre ; en calibre 22, le match se dispute en 60 coups à une distance de 50 m, en 2 heures.

Rappelons que le baron Pierre de Coubertin fut un tireur de pistolet libre.

– La discipline de vitesse olympique très populaire aux jeux, fut mondiale dès 1937 ; elle utilise des cibles pivotantes à 25 m

Des silhouettes humaines, elles est passé en 1948 aux cibles plus stylisées, pour adopter en 1990 la cible ronde classique.

Son tir se déroule en 2 séries de 30 coups :

2 fois 5 coups en 8 sec., puis en 6 sec, puis en 2 sec.

– Le pistolet standard fut introduit en 1970 par le WSC. C’est une discipline mondiale disputée à 25m au calibre 22. On tire 60 coups en 3 passes , soit 4 fois 5 en 150 sec, puis en 20 sec, puis en 10 sec.

– Le pistolet sport crée en 1947, alterne la précision et la vitesse ; 30 coups sont tirés en 6 min. dans une cible fixe, mais de diamètre réduit et 30 coups dans une cible pivotante, plus importante, à raison de 3 sec par balle.

C’est une discipline olympique pour les dames depuis 1966, mondiale pour les juniors et pour les seniors en gros calibre : 32 ou 38.

– le pistolet 10m , à air comprimé ou CO2 propulsant des plombs, est l’arme d’initiation par excellence. Son premier championnat international date de 1970 : il était basé sur 40 coups, tant pour les hommes que pour les femmes en 1h 15; il est passé à 60 coups en 1982 pour les hommes en 1h 45.

Il est une discipline olympique depuis 1988.

Par la création de disciplines nouvelles à 10 m, les Fédérations tentent ( et réussissent ) à intéresser de nouveaux ( et aussi anciens ) tireurs par l’ élargissement du champ d’une discipline peu coûteuse, et jugée moins contraignante pour l’environnement.

– Le pistolet vitesse à 10m : air ou co2, il comporte 5 cibles basculantes tirées en 10 sec., pour un total de 40 coups pour les garçons et 30 coups pour les filles.

– Le pistolet standard à 10m : air ou co2., cinq coups sont tirés en 10 sec sur une même cible, à raison de 40 coups pour les garçons et 30 pour les filles.

 

Le PISTOLET aux J.O.

Aux jeux de Tokyo en 1964, le finlandais Linnosvuo Pentti remporte la médaille d’or au pistolet sport 25 m.

Aux jeux de Munich en 1972 7173 athlètes présents pour 121 pays subirent les conséquences de l’attentat mené contre la délégation israélienne, et le tir à l’arc éclipsa le tir tout court.

En 1980, suite au boycott organisé par les Etats-Unis, seul 80 pays participèrent aux jeux de Moscou avec l’engagement de 5179 participants : par suite, aucun tireur ne figure au palmarès olympique.

 

Aux jeux de Séoul en 1988, la Yougoslave Jasna Sekaric enlève le premier titre décerné au pistolet 10m.et la médaille d’or.

En 1992, aux jeux de Barcelone, c’est au tour d’une athlète russe, Marina Logvinenko de se distinguer en enlevant deux médailles d’or : 1er place au pistolet 10m et 1er place au pistolet 25m..

En 1996, à Atlanta, Li Duihong est la première ressortissante chinoise à remporter le titre du pistolet 25m.

En l’an 2000, à Sydney, Frank Dumoulin remporte le pistolet à 10m pour la France: la dernière médaille d’or remontait à 1900 avec Maurice Larrouy au 25m.

LA CARABINE

Qu’elle soit utilisée en position “debout”, “couché”, “genou”, voire “assis”, au biathlon, à la cible ou aux plateaux, la carabine demeure l’arme universelle par excellence du tir sportif dans ses différentes versions.

 C’est tout naturellement par la carabine d’origine militaire, arme du soldat, que commence l’histoire sportive de la discipline, pour aboutir désormais à un engin du 3e type où l’aluminium brut remplace le hêtre verni.

– le 300 m. libre 3 positions ( 40 debout, 40 genou, 40 couché) est la première épreuve organisée en 1897 par la WSC tant pour les hommes que pour les femmes qui bénéficient depuis 2001 d’un 3X20 .

– le 300m militaire est ajouté en 1911, en 3 X20. Il sera supprimé en 1970.

– En 1974, un 300m standard est adopté au 3X20. Il sera suivi en 1982 d’un 300m libre pour hommes, 60 balles couché qui admettra les femmes en 2001.

– L’admission du calibre 22LR par le WSC le conduit à créer en 1929 une discipline 50m. 3positions 3X40.

– En 1947, c’est la naissance du Match anglais, soit 30 coups à 50 et 100m en position couchée . En 1958, une compétition séparée est crée pour les femmes. C’est en 1962 que sera adopté le tir de 60 coups à 50m.

– Le 50m 3X20 standard est introduit en 1966 pour les femmes, alignées aussi sur les hommes pour le Match anglais

– La première compétition à la carabine à air à 10m est disputée en 1970 ; prévue initialement à 40 plombs pour les deux sexes, elle passera à 60 plombs en 1982 pour les hommes : c’est vraiment aujourd’hui l’arme de début, surtout dans les écoles de tir.

– la cible mobile a une très longue histoire au sein du mouvement olympique avant son introduction en 1949 par le WSC, sous le nom de sanglier courant

– Pratiquée à l’origine à la distance de 100m., passée à 50m en 1966, la carabine équipée d’une lunette tire 30 coups rapide,30 coups lents sur une cible parcourant 10m.

– En 1982, le WSC admet ce tir sur 10m. à 20 coups lents et 20 coups rapides, passés à 30 et 30 en 1990, en 5 et 2,5 sec. sur une cible parcourant 2m.

 

La Carabine aux J.O.

En 1924, aux jeux de Paris, le Français Pierre COQUELIN de LISLE emporte le 50m couché .

Les épreuves se déroulèrent au stand de tir de Reims où on voit ici que les tireurs « au debout » tiraient en habits « de ville », et qu’il y avait bien du monde au pas de tir, y compris gibus et canotiers !

– En 1956, à Melbourne, Gérald Ouellette pour le Canada remporte le 50m couché ( match anglais)

– Dans le même temps, le russe Anatoli Bogdanov remporte le 3 X 40.

En 1964 à Tokyo, le hongrois Lazlo Hammerl gagne la médaille au 50m couché, tandis que Lones Wigger des USA remporte celle du 3 X 40.

– En 1968, à Mexico, c’est un tchèque Jan Kurka qui enlève le 50 m couché.  L’Allemand Bernd Klingner gagne le 3X40.

– En 1984, le 10m. fait son entrée aux Jeux, gagné par notre compatriote Philippe Héberlé.  L’Américain Edward Etzel enlève le 50m couché tandis que l’ Anglais Malcom Cooper l’imite au 3X40.

– En 1988 à Séoul, Malcom Cooper récidivera, et c’est le tchèque Miroslav Varga qui gagnera le 50m couché.  Le Yougoslave Goran Maksimovic se classera 1er au 10m.

– Barcelone 1992 : le Coréen Lee emporte le 50m. et les Russes Gratcha Petikyan au 3X40 et Iouri Fedkine au 10m réussissent un beau doublé : le Ier dans ces disciplines.

– En 1996, Jean-Pierre Amat remporte une médaille d’or au 3X40 pour la France.  Le Russe Khadjibekov gagnera le 10M, tandis que l’Allemand Christian Klees gagne le 50m. couché.

– Sydney 2000 verra trois nouvelles nations rentrer dans le palmarès : la Chine avec Cai Yalin au 10m, la Suéde avec Jonas Edman au couché et la Slovaquie avec Rajmond Debevec au 3X40.

-En 2004 à Athènes, la Chine confirmera son arrivée avec Zhu Qinan au 10m., Jia Zhambo au 3X40, marqués par l’Américain Matthew Emmons au 50m couché

 

Le TIR aux PLATEAUX

La Fosse Olympique :

Discipline gérée jusqu’en 1947 par la Fédération internationale aux armes sportives de chasse, elle fait partie des disciplines ISSF.

Son premier championnat du monde date de 1929 pour les hommes et 1962 pour les femmes.

La fosse est située à 15m des 5 postes de tir qu’occupent tour à tour les 6 tireurs, avec 5 groupes de 3 appareils de lancement qui distribuent 125 plateaux (75 pour les femmes) selon des angles différents : tir déclenché au micro.

La seule et unique médaille d’or gagnée par la France aux JO le fut par Roger De Barbarin en 1900, aux jeux de Paris.

Le Skeet olympique :

Discipline mondiale depuis 1947, sans cesse modifiée au nombre des tirs où les femmes furent admises en 1962.

Il se pratique sur un parcours comprenant deux cabanes de lancement distantes de 40m , et les tireurs se déplacent sur 7 postes dans un arc de cercle pour tirer 125 plateaux pour les hommes et 75 pour les femmes, simples ou doublés.

Aux JO, cette discipline étant mixte, c’est la chinoise Zhang Shan qui a gagné la médaille d’or en 1992 à Barcelone !

La Fédération internationale de Tir qui avait crée des disciplines séparées en 1984 a bien vite supprimé cette situation intolérable : pas de femmes en 1996 et une épreuve séparée en 2000. !!

La Française Véronique Girardet-Allard détient le record du monde ( le seul pour notre pays ) 96 plateaux, le 29 mai 2005 à Lonato (Italie).

 

Le Double Trap :

Crée en 1990, cette discipline ne se distingue de la fosse olympique que par le choix des seuls appareils du groupe 3 avec une distance de chute de 55 m. pour les plateaux lancés, mais avec une seule cartouche par plateau, à raison de :

– 150 plateaux + 50 en finale pour les hommes,

– 120 + 40 pour les femmes.

L’Américaine Kimberly RHODE s’est particulièrement distinguée en enlevant la médaille d’or à Atlanta en 1996, puis à Athènes en 2004.

Le BIATHLON

Deux mille ans avant notre ère, des chasseurs à ski traquaient les animaux en Norvège.

Plus tard, les hommes d’arme des pays nordiques ont appris à tirer, tout en se déplaçant sur des skis, et l’émulation s’est faite à travers les épreuves militaires organisées à partir du XVIIIe siècle.

On date généralement de 1912, la première épreuve militaire structurée, avec 17 kms de course et une épreuve de tir avec pénalités ; la seconde fut une épreuve de démonstration aux JO de 1924.

En 1958, premiers championnats du monde, et en 1960 adhésion à l’Union Internationale de Pentathlon Moderne et premiers JO à SQUAW VALLEY ( sans squaws, puisque les femmes ne seront admises qu’à ALBERTVILLE en 1992 ).

Le programme olympique comporte 10 épreuves :

 

Le Sprint :

Hommes 10 km / femmes 7,5 km

2 arrêts pour 5 cibles avec 5 balles

chaque raté entraîne une boucle de 150m de pénalité

 

la Poursuite :

ordre des départs en fonction du classement en sprint.

Hommes 12,5 km / femmes 10 km

4 arrêts pour 5 cibles avec 5 balles mêmes pénalités pour les ratés.

 

Epreuve individuelle :

Hommes 20 km / femmes 15 km

4 arrêts pour 5 cibles avec 5 balles

1 minute de pénalité par cible ratée.

 

Le Relais :

Epreuve par équipe de 4 sur 4 circuits de 7,5 km chaque.

Départ groupé des premiers skieurs de chaque équipe.

2 séquences de tir par athlète avec un bonus de 3 balles ( 8 au total) chargées l’une après l’autre.

Chaque cible ratée donne lieu à une boucle de pénalité de 150m.

 

Depuis 1998, l’UIPM et l’IBU agissent de manière autonome.

 

Le Tir Sportif repose sur une organisation bien structurée, tant en Europe qu’en France, même si la disparité des disciplines et le cadre associatif où il s’exerce peut laisser supposer qu’un aimable amateurisme y règne : c’est aujourd’hui un sport de compétition dont le « professionnalisme » est, au moins, à la hauteur d’autres sports plus médiatisés, et où les sociétés de tir en sont les artisans essentiels

 

   

   

  

  

 

 

L’organisation du Tir sportif en France est confiée à la Fédération Française de Tir, héritière de l’Union des Sociétés de Tir de France crée le 3 juin 1886.

  

 

La diversité des inspirations dans le choix des blasons est bien la marque de la perpétuation des traditions dont notre sport est particulièrement porteur.

 

L’adaptation à internet de cette présentation de Michel Plouviez a été réalisée par Pascal Delafoye. 
 

2 pensées sur “Histoire du tir sportif

  • 22/10/2011 à 17:28
    Permalink

    Joli boulot !
    Il faudrait passer le lien sur le site de l’ASTC; voire de la FFTir
    Me donnez vous l’autorisation de mettre le lien sur mon site du GPP (www.gpp300.fr) ?
    A bientôt
    Michel

    Répondre
  • 22/10/2011 à 18:50
    Permalink

    Merci, tout l’honneur à Michel pour sa belle collection, aucun problème pour le lien.

    Répondre

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