Oblitérations d’hier et d’aujourd’hui (partie 1)
Cet article a été rédigé par Jean-Philippe et fait partie de la rubrique « 1 - Nos mini-conférences »
Oblitérations d’hier et d’aujourd’hui (partie 1)
L’histoire postale commence avant l’apparition du timbre en Grande Bretagne en 1840. Elle porte sur les enveloppes (y compris les cartes postales et les emballages de colis) et se définit comme l’étude des tarifs postaux, des empreintes postales et des itinéraires du courrier. Dans le présent article en deux parties nous nous intéressons à l’oblitération comme marque sur le timbre lui-même. Il est habituel de parler alors de marcophilie. Nous traitons des autres marques postales ( cachets) sur courrier, dans un article différent : “ En plus des oblitérations, des marques postales variées”.
Dès l’apparition du timbre “ Penny Black” en Angleterre , il a fallu trouver un moyen pour éviter son réemploi. C’est l’oblitération : oblitérer un timbre dit le « Petit Robert » c’est l’annuler par l’apposition d’un cachet qui le rend impropre à servir une seconde fois. Littré, est plus précis quand il met sur le même plan oblitérer et biffer : biffer un timbre, c’est l’annuler absolument, lui ôter toute valeur en le couvrant de l’empreinte de la biffe. Pour le premier timbre émis au monde , le « Penny Black » à l’effigie de la reine Victoria, avec une première utilisation prouvée le 2 mai 1840 en Angleterre, l’oblitération était une croix de Malte rouge et plus rarement jaune. Sur les « 1 penny rouge carminé» et le « 2 Pence bleu » la croix de Malte devient noire. Les timbres étaient alors non dentelés.



Dans les premières années d’utilisation, des annulations à la plume existent (Allemagne 1873 pour timbre télégraphe et Colombie 1883) ou à la main à l’aide d’un cachet le plus souvent noir (Bolivie 1901) dont on peut dire qu’il macule le timbre au point de le rendre parfois impossible à identifier.


Les oblitérations sont muettes, avec des chiffres ou des lettres.
L’oblitération du timbre ci-dessous par une lettre dans un carré était apposée par le facteur lors de la levée dans une boite urbaine.

Sur timbres français, entre 1850 et 1870-5, les chiffres correspondent à des bureaux de poste : dans les deux exemples ci-dessous, 3710 (petit chiffre) correspond à Alger, et 3210 (gros chiffre) à Poix de Picardie.


Les petits chiffres oblitérant le timbre, ont été mis en service en 1852, en remplacement de la grille. Le losange de points porte en son centre un numéro identifiant le bureau. L’administration des postes attribua, dans l’ordre alphabétique, un numéro de 1 à 3703, aux bureaux français : Senlis reçut le numéro 2874. En décembre 1862, une seconde nomenclature des bureaux de poste attribue un nouveau numéro à chaque bureau qui sera composé de chiffres plus gros : Senlis reçoit alors le numéro 3374. Les bureaux ont alors l’obligation d’échanger les cachets avec les autres bureaux. Senlis recevra “un petit chiffre du gros chiffre 3374″ qui sera essentiellemnt utilisé pour oblitérer le courrier chargé ou recommandé.
Souvent, le cachet apposé manuellement sur le timbre indique le lieu du bureau de poste et la date de l’oblitération : Güblingen en Bavière, Forbach en Lorraine quand cette province faisait partie de l’empire allemand, Anvers en Belgique, Djeddah en Arabie Saoudite.



Rapidement des oblitérations à la machine sont apparues et les timbres sont souvent revêtus d’ondulations peu esthétiques qui sont toujours utilisées.
Les beaux cachets d’autrefois ont parfois été reproduits “en timbre sur timbre”, comme pour ces timbres espagnols.

La grille utilisée en 1849 a été reproduite sur le timbre émis en France pour le centenaire.

Si les oblitérations des timbres anciens les rendent souvent illisibles, au royaume des Deux-Siciles, le postier doit éviter d’oblitérer la figure du roi. Ferdinand II.

Autrefois et jusqu’en novembre 1995 en France, le courrier peut être trié dans un train. Une marque d’ambulant français de 1898 est représentée ci-dessous pour la ligne Nancy à Vesoul.
Ce courrier, indiqué Poste ferroviaire (Bahnpost), posté à Königsberg en Prusse Orientale et envoyé à Amiens aura mis seulement deux jours pour atteindre son destinataire.

Lire la suite dans la 2ème partie de cet article …
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